Et pourtant, j'y ai cru.
"Tout ce que vous aimez avec passion fini toujours par vous tuer. "
Oui, j'y ai cru. Et comme tout ce à quoi je fini par m'attacher, ça part en fumée.
J'ai eu le temps de réfléchir depuis ce matin. La première chose que j'ai eu envie de faire, c'est d'écrire, et je crois que mes mots auraient été bien plus durs.
Je me rappelle de tout. Malheureusement, je n'ai rien oublié. Rien oublié de cette soirée qui avait pourtant commencé si bien. On était heureux, tous dans cette salle de cinéma, à flipper pour rien avec nos lunettes de merde sur le nez. On a tellement rigolé à la sortie de cette salle, dans ce bus, dans ces rues. C'était drôle, c'était bon, c'était comme toutes les soirées que j'avais connues auparavant avant ça. Je crois que, à ce moment et depuis un bon bout de temps, j'étais heureuse. J'avais décidé de ne pas trop boire ce jour là, et je n'ai pas tenu cette résolution.
Je les ai vu partir les uns après les autres, je pensais que tout irai bien, que tout continuerai et puis ... Ils se sont rapprochés encore et encore, ont lancé des paris ridicules et immatures à mes yeux. Quand on a déjà souffert de choses comme ça, on ne fait pas subir la chose à ces amis c'est ce que je pense.
On a essayé de s'amuser de notre côté, comme on pouvait, on a essayé de s'intégrer, on a essayé de rigoler, mais plus rien ne venait. C'était trop forcé, plus rien n'était naturel. On a bu, encore et encore, pour oublier que nous étions rejetées, seules, et malheureuses. On a réessayer et puis nous nous sommes dit que si plus rien ne comptait pour eux, pourquoi cela devrait-il toujours compter pour nous ? Je me suis sentie trahie, abandonnée de tous, et je ne voyais que Blandine, qui était restée près de moi. Seulement Blandine, qui me suivait de loin. On partait, on marchait de plus en plus vite, et je l'ai vu s'effondrer. J'ai couru vers elle et elle pleurait. Elle pleurait fort, me disait que tout était fini, que cette année était une autre année et que plus rien n'existerait. Elle pleurait de plus en plus, parlait de plus en plus fort, s'accrochait à moi comme si j'étais la seule. Et vous, à 2mètres de là, vous ne bougiez pas. Tout ce qu'elle a dit, vous l'avez entendu, j'en suis certaine. Pierre a crié et a insulté Blandine, lui disant de décuver avant de parler. C'est ce qui m'a littéralement achevé. La voir, elle, malheureuse, et à côté, tous les gens que nous aimions le plus au monde tourner progressivement la page.
Je l'ai emmenée, j'avais tellement peur pour elle. Peur qu'elle ne puisse plus avancer, peur qu'elle ne soit plus consciente de ce qu'elle faisait, dépassée par les évènements. Je n'étais pas bien non plus, et à peine allongée sur mon matelas, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Blandine vomissait, et vous n'en aviez rien à faire. Vous ne saviez pas où nous étions, pas si tout allait bien, pas si nous vous avions oublié, et vous ne vouliez rien savoir.
Puis, vous nous avez appelé. Je ne vous ai pas laissé tomber. J'ai fait un effort en me promettant d'exposer mes sentiments le lendemain. Mais vous êtes parties. Et j'ai eu mal. Très mal. Il n'y avait que Paul derrière moi, et je n'ai réussi qu'à être méchante, agressive, et malheureuse. Je vous ai dit que nous avions froid, que nous étions mal, que Blandine avait vomi, que vous nous aviez réveillé ... La seule réponse à été "Ne vous inquiétez pas pour nous" ... Mais jamais vous n'avez semblé vous soucier de NOUS.
Je ne déteste personne. Je ne sais pas en vouloir au gens. Pas au gens que j'aime. Simplement je pleure, j'ai l'impression que tout à changé, et que vous êtes parties, loin, loin, loin ...
Blandine, merci pour tout. Merci d'avoir essayé de me consoler, de ne pas m'avoir abandonné ... ♥